LA MAISON DU LAC
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D’après Ernest Thompson « On golden Pond » - Nouvelle adaptation de Jean Piat.
Avec Maria PACOME, Jean PIAT, Denise CHALEM, Christian PEREIRA, Damien JOUILLEROT ,
Patrice LATRONCHE - Mise en scène de Stéphane HILLEL - Décor Edouard Laug

Stéphane HILLEL
Si, le temps d’une représentation, nous parvenons à faire oublier que…
La vieillesse ce n’est pas seulement : La maladie d’Alzheimer. La solitude. Le problème des retraites et du pouvoir d’achat. Avoir des rhumatismes et du cholestérol. Les maisons de retraite. L’autonomie ou les aides ménagères. Attendre la mort.
Ce peut être aussi : Rester amoureux comme au premier jour après soixante ans de vie commune. Goûter intensément chaque instant, d’autant plus que l’échéance approche. Avoir de l’humour. Avoir le courage et la force de maintenir l’autre le plus en forme possible, le plus longtemps possible. Se réconcilier avec son fils ou sa fille. Adopter un petit fils tombé du ciel. Faire des projets. Vivre passionnément.
…alors nous aurons eu raison de présenter « La maison du lac ».
Un hypermétrope Y 5, vous connaissez ? Stéphane Hillel a été réformé parce qu’un récent admirateur qui était aussi l’un des membres de l’équipe médicale qui surveillait les jeunes gens faisant leurs « trois jours », lui a conseillé de parler de ses problèmes de vue. L’un des héros de À nous les petites Anglaises ne pouvait tout de même pas perdre son temps au service militaire ! Grâce au film de Michel Lang, le tout jeune homme n’aura pas connu longtemps la caserne et pu rassurer rapidement sa mère avocate et son père médecin qui auraient rêvé pour lui d’un destin plus classique.
Stéphane Hillel aimait trop le théâtre et prit des cours tout en faisant mille et un petits boulots. Il commença à très bonne école en jouant en tournée, dès 1977, Le Tube de Françoise Dorin dans une mise en scène de François Périer. On ne peut rêver meilleure formation. Trente ans et plus ont passé. Il n’a rien perdu de son énergie, de son esprit, de son goût d’entreprendre. Il a joué, au théâtre, au cinéma, à la télévision. Il a mis en scène, beaucoup. Les comédiens savent qu’il est sensible et qu’il a de l’autorité. Ils aiment travailler sous sa direction. De L’Affrontement avec Jean Piat et Francis Lalanne à Amadeus avec Lorànt Deutsch en passant par Deux sur la balançoire avec Ludmila Mikaël et Christophe Malavoy ou encore Les Portes du ciel de Jacques Attali avec Gérard Depardieu… C’était au Théâtre de Paris qu’il dirige aujourd’hui. Il vient de signer la mise en scène de la première pièce de Niels Arestrup, Le Temps des cerises, avec Eddy Mitchell et Cécile de France Stéphane Hillel est un homme qui s’engage, s’implique. Patron de théâtre, l’un des métiers les plus diffi ciles qui soient, il défend les auteurs et participe aux Molières avec une loyauté sans faille. Mais c’est lorsqu’il joue qu’il est le plus heureux. De La Cage aux folles de Jean Poiret à Je nous aime beaucoup de Véronique Olmi, il passe d’un genre à l’autre sans rien perdre de ce qui fonde sa personnalité profonde : un sérieux de tout l’être, une sourde insatisfaction parfois qui n’interdit pas d’entreprendre, au contraire, et de réussir brillamment, mais qui le pousse à toujours vouloir aller plus loin.
Armelle Héliot